LL'CAS
j'en sis, morgue, plus sûr que je ne sis sur qui étoit mon père. Ne vous ai-je pas dit que votre jardinier va tous les soirs au bout de la saussaie ; qu'a-t-il à faire là ce jardinier? Il y vient un grand homme à cheval.
M. BERNARD
Tous les soirs aussi?
LUCAS
Il y ëtoit il n'y a pas-une bonne heure : le jardinier et li se promenont, ils parlont, ils gesticulont, ils se tourmentont, et puis ils se se'paront; le monsieur à cheval galope d'un côté, et le jardinier trotte de 1 autre : morgue, qu'est-ce que cela signifie?
M. BER>-ARD
Tu as raison, il y a là-dessous quelque chose.
S'il y a queuque chose! je vous en re'ponds. Mais ce n'est pas tout. Mathurine , la servante des Trois-Rois, dit qu'ils avont cheux eux, du depuis quatre jours, trois ou quatre monsieux que votre jardinier connoît itou. Ils soupiont tout-àl'heure ensemble, et ils parliont de vous, de mademoiselle Angélique ; et ils thsiont (pi'il la falloit
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ôter de vos pattes , et qu'ils la mettriont dans les pattes d'un autre. Que sais-je, moi? Mais bref , tant i a, ce sont vos affaires.
M. BERNARD
Et le peintre, sur quoi le soupçonnes-tu d'être de la partie?
LUCAS
Sur quoi? sur ce que le jardinier et li sont bons amis : puisqu'ils s'aimont tant, ils ne valont pas meiux l'un que l'autre.
M. BER>ARD
Cela-pourroit être; il faut que j'approfondisse cette affaire.
LUCAS
Et quand vous aurez approfondi , que ferezvous?
M. BER>'ARD
Je les chasserai.
Eh! morgue, chassez-les sans approfondissement; faut-il tant de façons? Je sommes cheux vous , j'y avons deux filles ; vous aimez l'une , vous voulez que j'aime l'autre; je le veux bian, moi, pour vous faire plaisir, tout coup vaille. Acoutez , mettons tout le monde dehors , et ne demeurons que nous quatre; je ne serons jaloux de per-