‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 13 sur 232 · SCÈNE YII · texte numérisé non relu

SCÈNE YII

ANGÉLIQUE, madame A^IELIN, LISETTE.

A>'GÉLIQUE.

Eh ! bonjour, madame Amelin : il y a mille ans quejene vous ai vue, et cependant je suis sur vos parties.

M™e A M ELI X.

Oh! madame, ce n'est pas là ce qui m'amène

LISETTE

Bonjour, madame Amelin.

ANGÉLIQUE

Combien vous dois-je, madame Amelin?

M™e AMELIN.

J'ai là vos parties, madame, si vous vouliez bien prendre la peine...

ANGÉLIQUE

Volontiers ; je n'aime point à devoir. (Elle lit.) Premièrement, pour avoir garni l'épaule gauche de madame. ..Vous vous moquez, madame Amelin, ce n'est pas là mon mémoire.

M"ïe AMELIN.

Je VOUS demande pai^don , madame ; c'est celui d'une comtesse dont je ne puis tirer d'argent. Je lui ai, depuis six mois, fourni trois paires de hanches; il n'y a pas moyen que j'en sois payée.

LISETTE

Ce sont pourtant là des choses qu'on devroit payer comptant, pour ne pas faire crier les marchands.

M™e A ME LIN.

Voilà votre mémoire, madame.

Voyons. Pour l'idée d'une coiffure- extraordinaire... Ah! je me reconnois à la coiffure. Mais votre mémoire est furieusement long : vous croyez que je lirai tout cela, madame Amelin? je suis trop paresseuse.

M°»e A. ME LIN.

Voyez seulement le total, madame, s'il vous plaît.

ANGÉLIQUE. n

Somme totale, trois cent dix livres.

LISETTE

Il n'y a que trois cent dix livres ? En vérité , madame , il vous en coûte bien peu pour t'ire mieux mise que les autres.

Page 1