SCÈNE XXIII. 2i
votre folie me paroît dangereuse, vous demeurerez tout seul: mais je vous ferai garder à vue, en attendant qu'on vous enferme, ou que votre bon sens vous revienne.
M. BERSARD.
Quoi! Angélique...
ANGÉLIQUE
Adieu, monsieur; je suis bien fâche'e de votre accident; nous nous revenons quand vous serez plus sage.
M. BERNARD
Ma pauvre Lisette, empêche que...
LISETTE
Jusqu'au revoir. Monsieur, quand sa folie le prendra, recommandez qu'on ne le batte point; il vient d'en avoir assez, je vous assure.
M. BERNARD
Quoi! tout le monde m'abandonne!
DORANTE
Vous êtes persuadé de mou zèle et de ma fidélité, monsieur; je vais suivre votre maîtresse, et je vous promets de l'entretenir toute ma vie dans les bons sentiments qu'elle a pour vous.
M. BERNARD
Hom, je crève!
l'oliv e.
Je laisse votre iardin en bon état. Souvenez-
2i4 LE TUTEUR,
vous quelquefois de mot, je vous prie: ne donnez jamais de coups de bâton à vos jardiniers; ces marauds-là savent les rendre.
M. BERNARD
Ah, mon pauvre Lucas! je perds Ange'lique, que deviendrai-je?
LUCAS
Bon! Palsangué, que voulez-vous faire? Ils ont beau dire , je ne sommes pas fous ; je sommes les sots ; et si j'avions épousé ces deux carogues-là , je l'aurions été bian davantage.
ri>' DU TUTEUR.