SCÈNE YIII
ANGÉLIQUE, madame AMELIN.
ANGÉLIQUE
Le commerce que vous faites vous donne bien de la peine, madame Amelin?
M™e AMELI^J.
Oui, madame, et l'on ne gagnepasgrand'chose , comme vous voyez.
A>'GÉLIOUE.
La pauvre femme ! Vous faites quelquefois dci pertes considérables?
Mme AMELIN.
Il m'est dû plus de dix mille livres, dont je n'aurai jamais dix pistoles.
ANGÉLIQUE
La pauvre femme ! Vous avez beaucoup d'enfants, madame Amelin ?
M°»e AME LIN.
Je n'ai qu'un grand garçon, qui me fera mourir de chagrin, je pense.
ANGÉLIQUE
Comment donc ?
M™e AMELIN.
Je ne sais où il prend de l'argent; mais il est toujours avec de belles dames; il joue avec des grands seigneurs , et il dit à tous ceux qui me connoissent queje ne suis que sa mère nourrice.
ANGÉLIQUE
En vérité, voilà un mauvais petit caractère.
M™e AMELIN.
Hélas! madame, c'est comme tout le monde est aujourd'hui : on veut paroître ce qu'on n'est pas, et c'est ce qui perd la jeunesse.
ANGÉLIQUE
Elle a raison.
M»ne AMELIN.
A cela près, Jannot est bon garçon, et je ne puis ni'empêcher de l'aimer.