‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 159 sur 232 · SCENE VII. a4t · texte numérisé non relu

SCENE VII. a4t

CL IT ANDRE

C'est un de mes intimes. Eh ! que diantre vienstu faire ici?

LORANGE.

Voulez-vous que je vous parle franchement? Je ne le dirois pas à d'autres ; mais à ma commère et à vous...

M^e DrBUISSO>'.

Il amène quelque petite grisette en vendange à Surêne, je gage.

LORANGE.

Non, parmafoi, je viens faire emplette de bon vin de Champagne.

C LIT ANDRE

Emplette de bon vin de Champagne à Surêne ?

LORANGE.

Oui parbleu; nous sommes plus de trente à Paris qui tirons nos vins de Champagne de ce pays-ci, et nous allons cheicher les vins de Bourgogne par-delà Étampes.

M™« DCETISSON.

Mon compère Lorange est de bonne foi , commf vous voyez.

CLITANDRE

Tu es un effronté' maroufle.

LORANGE.

Oh ! ne vous fâchez point ; vous ne buvez point a. 21

de ces bons vins-là, vous autres; on n'en donne qu à ceux qui les paient le mieux, et qui s'y connoissent le moins ; à de petits maîtres de Paris , par exemple, à des fdles de qualité' de leur connoissance, à des enfants de famille qui prennent à crédit, à des abbés qui font porter des soupers en ville : il faut bien que tout passe.

CLITANDRE

Tu en as bien fait passer l'anne'e dernière à ce petit homme-là...

LORA>'GE

Qui?

CLIT ANDRE

Ce petit homme à (jrande perruque, cet apprenti magistrat qui faisoit son cours de droit chez toi , et qui donne à présent des audiences dans l'amphithéâtre de l'Opéra.

LO RANGE

Je ne sais qui vous voulez dire.

jjnie Dr BUISSON.

Il y en a tant comme cela dans le monde, que monsieur de Lorange ne peut pas se souvenir qui c'est.

CI, IT ANDRE

Et commentgouverncr.-tu ce grand inutile, qui a l'air si déterminé, fjui attend que la j)aix soit faite pour se mettre dans les mousquetaires?

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