ACTE II, SCENE IX
LISETTE
De son ménage , monsieur ! Est-ce que vous voudriez qu'elle s'abaissât à ces sortes de bagatelles? et est-ce pour cela que l'on prend aujourd'hui des femmes ?
M. SIMON
Assurément.
Bon!
M. SIMON
Comment, bon?
LISETTE
Eh ! fi , monsieur ; vous êtes notaire , et vous ne savez pas la coutume de Paris?
M. SIMON
Mais qu'elle demeure au moins dans sa maison, qu'elle y reçoive compagnie, qu'elle voie... Araminte , par exemple ; c'est une femme raisonnable que celle-là.
LISETTE
Assurément.
M. SIMON
Je ne lui demande autre chose que de demeurer chez elle.
LISETTE
Mais, vraiment, il n'y a rien de plus raison-
56 LES BOURGEOISES A LA MODE, nable ; il faudra bien qu'elle le fasse : allons, tâchez de la persuader.
M. SIMON
Je n'en viendrai point à bout si je ne querelle.
LISETTE
Eh bien! il y a long-temps que vous n'avez querelle', à ce qu'il me semble?
Depuis l'affaire du diamant...
LISETTE
Depuis le diamant? il y a un siècle.
M. SIMON
.Aussi je crève, et l'on ne sait pas tout ce que je souffre.
LISETTE
Oh' querellez, monsieur, querellez, cela vous soulagera : dès qu'elle sera venue j'aurai soin de vous faire avertir.
M. SIMON
N'y manque pas, au moins.
LISETTE
Ne vous mettez pas en peine : je veux vou5 aider aussi à la quereller , moi ; et je vous réponds quasi de la réduire.
M. SIMON
Que je t'aurois d'obligation !