‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DancourtChapitre 6 sur 232 · ACTE I, SCENE ÎII. f · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE ÎII. f

Et le mari sait-il quelque chose de ce dessein?

LISETTE

Non, pas encore : mais, quand cela sera, ne le verra-t-il pas bien sans qu'on le lui dise? C'est un homme qui n'est pas tout-à-fait le maitre, comme tu sais.

FROXTIX.

Bon ! Pour faire la femme de qualité, on dit que ta maîtresse le fait quelquefois passer pour son homme d'affaires.

LISETTE

Le (pand malheur! Est-ce ici la seule maison de ta connoissance où les maris ne sont que les premiers domestiques de leurs femmes ?

FRO>TI>-

II y a mille bourgeois dans ce goût-là.

LISETT E.

Il n'est rien tel que de mettre les gens sur un bon pied.

FRONT IX

Oh , diable ! pour bien dresser un mari , tu es la première fille» du monde.

Lï SETTE.

Venons au fait. Qu'est-ce qui l'amène ici ?

FR ONTI>.

Bien des choses. J'y viens de lapait d'Aramintc,

lo LES BOURGEOISES A LA MODE.

de celle de monsieurle chevalier, et de la mienne.

LISETTE

Comment ! de la tienne?

Oui, mon enfant, j'ai une impatience terrible de devenir ton piemier domestique.

LIS ETT E.

Rien ne presse encore. Veux-tu parler à madame?

FROÎJTIN.

Oui vraiment : comme laquais d'Araminte , j'ai un billet à lui rendre.

LIS ETTE

Eh bien ! viens, tu n'as qu'à me suivre.

FRONT IN

Hé ! attends, attends. Comme valet de chambre de monsieur le chevalier, j'ai des affaires sérieuses à te communiquer.

LISETTE

Comment donc ! tu te mêles de bien des métiers, à ce qu'il me semble?

FRO >T IN

Il est vrai , je suis le garçon d^rance le plus employé : valet de chambre de l'un , laquais de l'autre; grison de celle-ci, espion de cellelà; je fais tout avec une disciétion admirable. Dans la plupart des aventures dont je me mêle,

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