M. G RI F F A. RD
Ce n'est pas une petite fortune , madame, que celle de vous rencontrer au logis.
ANGÉLIQUE
Si l'on recevoit souvent de vos visites , on deviendroit volontiers plus sédentaire , monsieur.
M. GRIFFARD.
Madame...
LISETTE
Voilà votre chapeau par terre , prenez garde.
ANGÉLIQUE
Vous êtes de tous les hommes du monde, celui qu'on voit avec le plus de plaisir, je vous assure.
M. GRIFFARD.
Ah, madame!
LISETTE
Vous marchez sur vos gants, monsieur.
ANGÉLIQUE
Je vous parle naturellement, au moins.
M. GRIFFARD.
Vous avezbien de la bonté, madame. Si j'osois vous parler de même...
ANGÉL IQLE.
Je VOUS soupçonne pourtant de m'avoir fait une petite friponnerie, dont je vous punirois , si j'en e'tois bien persuadée.
M. GRIFFAUD.
Oh! pour cela, madame , je ne prétends pas que vous m'en ayez obligation.
A>GÉLIQUE.
Ecoutez , vous avez de l'esprit ; vous donnez un tour galant et délicat à ce que vous faites : mais si vous voulez qu'on vous sache gré, il faut me laisser toujours dans l'incertitude.
M. oniFFAP. n.
Oh! madame, je vous réponds de...
a>géliqi:e.
Je ne suis que trop pénétrante, je vous l'avoue;
mais on ferme quelquefois les yeux pour ne pas
rompre avec ses amis : uneparfaite connoissance
de la vérité me raettroit sérieusement en colère.
M. G ni FF A r. n.
Il est constant, madame, que...
ANGÉLIQUE
N'usons pas cette conversation, de grâce : il me fâche seulement de penser à ces sortes de choses. Passez là-dedans, je vous prie; j'ai quelques ordres à donner à Lisette : vous n'aurez pas h* temps de vous ennuyer.