ACTE V, SCENE XIII. iJ
FROTiN.
On VOUS a pris tantôt une bague : elle est entre les mains de monsieur; faites-vous-la rendre.
LISETTE
En voici bien d'un autre.
M™e AMELIN.
Elle est entre les mains de monsieur? Le ciel en soit loue' ! je ne suis pas malheureuse ; et monsieur est trop honnête homme pour vouloir la retenir.
M. SIMO>
Quoi ! vous me soutiendriez que ce diamant VOUS appartient, madame?
Mine AMELIN.
Non, monsieur; le ciel m'en préserve.
Madame Amelin !
Mme AMELIE.
J'ai seulement donne ce matin six cents cous dessus à mademoiselle Lisette , monsieur.
FRO^TI>
Oh ! pour celui-là , je ne m'y atlendois pas : je ne suis qu'une bête.
M. SIMON
A Lisette, six cents êcus?
M™^ AMELIN
Oui, monsieur : la voilà qui peut vous le dire.
i38 LES BOURGEOISES A LA MODE.
LISETTE
Moi ! je n'ai rien à dire ; on vous croira de reste.
Mme A ME LIN.
Madame avoit affaire d'argent ; j'ai été bien aise de lui faire plaisir.
FRONTIN
Voilà une maudite bague qui causera quelque révolution.
M. SIMON
Eh bien ! madame, 'que me direz-vous pour excuser u»îe conduite si blâmable, dont il faut malheureusement que nos meilleurs amis soient les témoins? Ne rougissez-vous point...
Moi! je rougis de vos manières, monsieur; et j'ai honte pour vous que l'excès de votre avarice me réduise à mettre en gage mes pierreries : vous m'auriez épargné cette confusion , en me donnant ce billet de mille écus dont vous avez fait présent à madame.
M. SIMON
Je suis trahi.
FRONT IN
Je l'ai donné fidèlement, comme vous voyez.
M. ORIFFàRD.
Comment donc? quoi ! qu'entends-je? Ma femme a reçu un présent de mille écus ?