‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 109 sur 232 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARISTE, LISIMON.

Je vous cherchois, uion fils.

ARISTE

Quel sujet vous amène?

Lisi:\io.\.

En nous quittant sitôt, vous m'avez mis en peiu^\

AR ISTE

J'etois indisposé.

i66 LE PHILOSOPHE MARIÉ.

LI SIMON

Pendant tout le repas. J'ai bien vu qu'avec nous vous ne vous plaisiez pas. Quelque important sujet vous gêne et vous applique: Je vous trouve rêveur, sombre, mélancolique , Vous que j'ai toujours vu d'une aimable gaieté, Qui faisoit rechercher votre société.

Nous n'avons pu tirer un mot de votre bouche ; Et votre oncle, qu'au fond rien n'afflige et ne touche , Quoique souvent pour rien il se mette en courroux, Lui-même me paroît fort en peine de vous. Ouvrez-moi votre cœur. Qu'est-ce qui vous afflige?

ARISTE

Rien.

LISIMON.

Vous me trompez.

ARISTE

Moi?

LISIMON.

Vous me trompez, vous dis-je Si vous êtes fâché de me voir de retour, Je suis prêt à partir avant la fin du jour.

ARISTE

Moi fâché de vous voir! O ciel! quelle injustice! Avoir un tel soupçon , c'est me mettre au supplice. Que j'expire à vos yeux, s'il est plaisir pour moi Plus grand que le plaisir que j'ai quand je vous voi.

LISIMON.

Je vou^ crois. Cependant d'où vient cette tristesse? Quelque souci secret vous ronge et vous oppresse.

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