‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 114 sur 232 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Ll SIMON.

Mon fils gagne toujours à se faire connoitre : ll est Jonc philosophe , ainsi que je disois; Et voilà la raison sur quoi je me fondois Pour vous représenter qu'en fait de mariage, Rien ne l'empécheroit d'agir en honame sage. Or le sage...

GÉRONTE

Or le sage est différent de vous.

Je soutiens, moi, qu'il faut être le roi des fous Pour se faire prier d'épouser une fille Jeune, riche héritière, et de noble famille.

Donnez-lui quelque temps pour se détei'miner,

GÉRONTE

Si le parti convient, à quoi bon lanterner?

ARISTE

Votre fille me hait.

LïSIMON.

Souffrez qu'avec adresse ll cherche les moyens de gagner sa tendresse.

GÉRONTE

Soit.

A la fin...

GÉRONTE

Cela se peut faire en un jour.

ARISTE

Je ne sais pas sitôt inspirer de l'amour,

.-^lu-lnut lorsque l'on marque autant de rpj.ugiiance.

LISIMON.

Ne lui donner qu'un jour! Vous vous moquez, je pense?

GÉRONTE

Combien lui faut-il donc?

Au moins, un ou deux mois.

GÉRONTE, s'en allant.

Elle sera marquise.

LISIMON.

Attendez.

GÉRONTE

Une fois , Deux fois, la voulez-vous?

LISIMON.

Oui, mais sa fantaisie...

GÉRONTE

Je lui donne huit jours, par pure courtoisie.

ARISTE

Ah ! le terme est trop court. 1

LISIMON. ,

Mais il faut l'accepter ; Et, pour vous faire aimer, tâcher d'en profiter.

GÉRONTE, à Ariste.

A huit jours donc la noce.

ARlSTE.

A huit jours.

GÉRONTE

Sans remise, Ou je vous ferai cher payer votre sottise. Adieu.

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