ACTE V, SCENE VI
Moi , trembler pour ma sœur!
DAM ON
Quoi ! cela vous étonne?
Pourquoi non? Songez-vous au.x; tours qu'elle m'a faits:
DAMO.N.
Quels tours ?
Ceux qu'une sœur ne pardonne jamais.
DAM ON
Mais encore, en quoi donc?
CÉLI ANTE
D'avoir eu l'art de plaire A des gens dont l'hommage eut pu me satisfaire.
Je vous suis obligé de ce doux compliment : Mais, puisque vous m'aimez, je ne vois pas comment Vous lui voulez du mal d'avoir su plaire à d'autres.
FINETTE
C'est que vos sentiments sont différents des nôtres.
Quoil vous croyez encor que je vous aime, moi?
DATION.
La question me charme ! Eh , parbleu ! je le croi , Puisque vous me l'avez cent fois juré vous-même.
CÉLI ANTE
Ah! quelle vision! Moi, Finette, je l'aime? Est-il vrai:»
Quelquefois, selon le temps qu'il fait.
DAMOX.
Du caprice souvent j'ai ressenti l'effet.
Mais, malgré vous, je lis jusqu'au fond de votre ame;
Et je vous réponds, moi, que vous serez ma femme.
CÉLIANTE.
Moi , je serai sa femme ! Ah ! je voudrois le voir.
DAMON
Oui , oui, vous le verrez.
CÉLIANTE.
Quand cela?
DAMON
Dès ce soir.
CÉLIANTE, à Finette.
Ne le croiroit-on pas , de l'air dont il l'assure ?
FINETTE
On croiroit qu'il vous dit votre bonne aventure.
CÉLIANTE.
Ma mauvaise plutôt.
DAMON
Oui, vos yeux, malgré vous, M'annoncent que ce soir je serai votre époux.
Mes yeux en ont menti. Mais voyez l'impudence! Qui? moi! j'épouserois un homme sans naissance !
DAMON
Et si vous deveniez comtesse en m'épousant?
CÉLIANTE.
5se?
DAMON
Ariste est mon garant,