‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 143 sur 232 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L I s E T T E, P A s Q U I N , L A FL E U R.

PASQUI-V.

Ah 1 te voilà, Lafleur ? Que fait monsieur le comte?

LAFLEUR

Il joue; et, qui plus est, il y fait bien son compte ; Car il va mettre à sec un franc provincial. Au moins aussi nigaud q^i'il me paroit brutal

Notre maître, tandis qu'il jure et se désole ,

Embourse son argent, sans dire une parole.

PASQUIN

Pourquoi viens-tu sitôt ?

LAFLEUR

Pour un dessein que j'ai.

Quel dessein?

LAFLEUR

Je vous viens demander mon congé.

PASQUIX.

A moi?

LAFLEUR

Sans doute. Autant que je puis m'y connoître, Vous êtes factotum de monsieur notre maître. On n'ose lui parler sans le mettre en courroux : Il faut par conséquent que l'on s'adresse à vous.

PASQUIN

Tu rae surprends, Lafleur ; je te croyois plus sage. Servir monsieur le comte est un grand avantage. Pourquoi donc le quitter? éclaircis-moi ce point.

LAFLEUR

C'est que vous parlez trop, et qu'il ne parle point.

LISETTE

Le trait est singulier, et la plainte est nouvelle.

LAFLE UR.

Tel que vous me voyez, ma chère demoiselle, Vous ne le croiriez pas, on me prend pour un sot; V'.t mon maître, en trois mois, ne m'a pas dit un mol.

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