ACTE II, SCENE IV
ISABEL LE
Moi, pour vous du respect !
C'est aller un peu loin. Ce discours m'est suspect. Oh çà, conviendrez- vous de ce que j'imagine?
LISETTE
Quoi?
ISABELLE
Mou frère vous aime. Oh 1 oui , oui , je devine ; Votre air embarrassé confirme mon soupçon.
LISETTE
Et quand il m'aimeroit, seroit-ce un crime?
ISABELLE
>'on:
Mais....
LISETTE
Si je l'en veux croire , il me trouve jolie ; Mais, bon! je n'en crois rien.
ISABELLE
Pourquoi?
LISETTE
Pure saillie Déjeune homme, qui sait prodiguer les douceurs. Et qui sans rien aimer en veut à tous les cœurs.
ISABELLE
Non, mon frèren'est point de ces conteurs volages Qui d'objet en objet vont offrir leurs hommages. Je connois sa droiture et sa sincérité; Et s'il dit qu'il vous aime, il dit la vérité.
LISETTE, vivement.
^uoil sérieusement?
ISABELLE
Oui, la chose est certaine.
Je vois que ce discours ue vous fait point de peine. Ah , ma bonne !
LISETTE
Quoi donc?
ISABELLE
Je pénétre aisément.
LISETTE
Quoi? que pénétrez-vous?
ISABELLE
Mon frère est votre amant, Et mon frère, à coup sûr, n'aime point une ingrate. Vous avez le cœur haut et l'ame délicate.
LISETTE
Voici le fait. Il dit que si je n'étois point Ce que je suis...
ISABELLE
Eh bien?
Il m'estime à tel point, Qu'il feroit son bonheur de m'obtenir pour femme.
ISABELLE
Ensuite^ Vous rêvez ! Je vous ouvre mon ame En toute occasion, Lisette, imitez-moi.
Que lui répondez-vous? Parlez de bonne foi.
LISETTE
Eh! mais je lui réponds. . Vous êtes curieuse A l'excès.