ACTE II, SCENE V ^fu
ISABELLE
De ma civilité vous devez mieux penser.
p H I L I N T E , lui faisant la révérence. Madame, en vérité...
ISABELLE, la lui rendant.
J'ai pour votre personne ( à Lisette. ) L'estime et les égards... Aidez-moi donc, ma bonne. LISETTE, après avoir fait plusieurs révérences à Philinte,
lui présente un siège.
Vous plait-il vous asseoir?
PHILINTE, vivement.
Que me proposez-vous?
O ciel 1 devant madame il faut être à genoux.
LISETTE
( à Isabelle. ) A vous permis, monsieur. Dites-lui quelque chose.
ISABELLE
Je nesaurois.
LISETTE
Fort bien ; l'entretien se dispose A devenir brillant... Monsieur, je m'aperçoi Que vous faites façon de parler devant moi. Je me retire.
PHILINTE, la retenant.
Non, il n'est pas nécessaire; Et je ne veux ici qu'admirer et me taire.
L I s E T T E , à Philinte.
Vous vous contentez donc de lui parler des yeux?
Je ne m'en lasse point.
LISETTE
Parlez de votre mieux, Rien ne vous interrompt.
ISABELLE, à Lisette.
Oh! je perds contenance.
LISETTE, bas, à Isabelle.
Eh bien! interrogez-le; il répondra, je pense.
ISABELLE, bas , à Lisette.
Vous même avisez-vous de quelque question.
LISETTE, bas^ à Isabelle.
C'est à vous d'entamer la conversation.
ISABELLE, à Pbilinte.^ après avoir un peu rêi>é. Quel temps fait-il, monsieur?
LISETTE, à part.
Matière intéressante!
PHILINTE
Madame... en vérité... la journée est charmante.
ISABELLE
Monsieur, en vérité... j'en suis ravie.
LISETTE
Et moi, J'en suis aussi charmée, en vérité. Mais quoi! La conversation est donc déjà finie?
Çà , pour la relever, employons mon génie.
( à part. ) Dit-on quelque nouvelle? Enfin il parlera.
N*avez-vous rien appris du nouvel opéra?