‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 175 sur 232 · LE COMTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

LE COMTE, PASQUIN

( Le comte relit ce qu'il a écrit , et Pcisquin lit la lettre. )

LE COMTE, après avoir lu ce qu'il écrivoit. Tu ne partiras point, et c'est une bassesse. Dans les gens de mon rang, d'outrer la politesse. Un homme tel que moi se feroit déshonneur, Si sa plume à quelqu'un dounoit du monseigneur. Non , mon petit seigneur, vous n'aurez pas la gloire De gagner sur la mienne une telle victoire. Vous pourriez m'assurer un bonheur très complet ; Mais, si c'est à ce pri.x, je suis votre valet.

( // déchire la lettre. ) Ote-moi cette table. Eh bienl que dit l'épître?

FASQUIN.

Elle roule, monsieur, sur un certain chapitre Qui ne vous plaira point.

LE COMTE

Pourquoi donc? Lis toujours

PASQUIX.

Vous me l'ordonnez; mais...

Ohl trêve de discours.

PASQUI.N lit.

« Celui qui vous écrit...

LE COMTE

Qui vous écrit I Le stvle

Est familier. •■

PASQUIX.

Il va vous échauffer la bile.

{IlUt.) <' Celui qui vous écrit s'intéressant à vous, « Monsieur, vous avertit, sans crainte et sans scrupule, « Que par vos procédés, dont il est en courroux, « Vous vous rendez très ridicule.

LE COMTE, se levant brusquement.

Si je tenois le fat qui m'ose écrire ainsi...

PASQUIN

Poursuivrai-je?

LE COMTE

Oui ; voyons la fin de tout ceci.

PASQUIN lit.

« Vous ne manquez pas de mérite ; X Mais...

LE COMTE

Vous ne manquez pas ! Ah ! vraiment, je le croi. Bel éloge, en parlant d'un homme tel que moi!

PASQUIN lit.

« Vous ne manquez pas de mérite;

" Mais, bien loin de vous croire un prodige étonnant, « Apprenez que chacun s'irrite « De votre orgueil impertinent...

LE COMTE, donnant un soufflet à Pasquin.

Comment, maraud?

PASQUIN

Fort bien ; le trait est impayable !

Pe ce qu'on vous écrit suis-je donc responsable?

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