‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 178 sur 232 · ACTE II, SCENE XIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XIII

LE COMTE

Mais cependant mon gain Montoit à quatre cents, et j'en suis très certain.

PASQUIN

C'est vous qui vous trompez, ou c'est moi qui vous trompe . Et vous ne pensez pas que l'argent me corrompe?

LE COMTE

Monsieur Pasquin !

PASQUIN

Monsieur.

LE CO.MTE.

Vous êtes un fripon,

Je vous respecte trop pour vous dire que non ; Mais...

LE COMTE

Brisons là-dessus.

PASQUIN

Oui. Parlons d'Isabelle.

Vous vous refroidissez, ce me semble, pour elle. Elle s'en plaint, du moins.

LE COMTE

Elle sait mon amour.

J'ai parlé ; c'est assez.

PASQUIN

Son père est de retour.

LE COMTE

c'est à lui de venir, et de m'offrir sa fille.

PASQUIN

Ah, monsieur! vous voulez qu'un père de famille

Fasse les premiers pas?

LE COMTE

Oui , monsieur, je le veux.

Un homme de mon rang doit tout exiger d'eux.

PASQUI.W

Prenez une manière un peu moins dédaigneuse ; Car Lisette m'a dit...

Petite raisonneuse, Qui veut parler sur tout, et ne dit jamais rien.

PASQUIX.

Pour une raisonneuse, elle raisonne bien.

LE COMTE

Et que dit-elle donc?

PASQUIN

Elle dit qu'Isabelle A pour les glorieux une haine mortelle, Et qu'à ses yeux le rang, la haute qualité Perd beaucoup de son lustre où régne la fierté.

LE COMTE, se levant.

Que dites-vous?

PASQUIN

Moi? Rien. C'est Lisette. J'espère...

LE COMTE

On vient ; voyez qui c'est.

PASQUIN

Ma foi , c'est le beau-père.

LE COMTE

J'étois bien assuré qu'il feroit son devoir.

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