ACTE III, SCENE I. a
De ces hommes nouveaux c'est là l'ambition.
L'avarice est d'abord leur grande passion ;
Mais ils changent d'objet dès qu elle est 'Satisfaite ,
Et courent les honneurs quand la fortune est faite.
Lisimon, nouveau noble, et fils d'un père heureux,
Qui le comblant de biens n'a pu combler ses vœux,
Souhaite de s'enter sur la vieille noblesse;
Et sa fille , sans doute , a la même foiblesse.
Un homme tel que moi tlatte leiu' vanité :
Et c'est là ce qui doit redoubler ma fierté.
Je veux me prévaloir du droit de ma naissance;
Et pour les amener à l'humble déférence
Qu'ils doivent à mon sang, je vais dans le discours
Leur donner à penser que mon père est toujours
Dans cet état brillant, superbe et magnifique.
Qui soutint si long-temps notre noblesse antique ;
Et leur persuader que par rapport au bien ,
Qui fait tout leur orgueil, je ne leur cède en rien.
Mais ne pourront-ils point découvrir le contraire? Car un vieux serviteur de monsieur votre père Autrefois m'a conté les cruels accidents Qui lui sont arrivés, et peut-être...
LE COMTE
Le temps Les a fait oubher. D'ailleurs notre province, Oii mon père autrefois tenoit l'état d'un prince. Est si loin de Paris, qu'à coup sur ces gens-ci De nos adversités n'ont rien su jusqu'ici Si ta discrétion. .
PASQUIK.
Croyez...
LE COMTE
Point de harangue , Les effets parleront.
PASQUIN
Disposez de ma langue :
Je la gouvernerai tout comme il vous plaira.
LE COMTE
Sur l'état de mes blenSwOn t'interrogera. Sans entrer en détail, réponds en assurance Que ma fortune au moins égale ma naissance; A Lisette sur-tout persuade-le bien.
Pour établir ce fait, c'est le plus siîr moyen; Car elle a du crédit sur toute la famille.
Ma foi, vous devriez ménager cette fdle. Elle vous veut du bien, à ce qu'elle m'a dit.
LE CO.MTE.
D'une suivante, moi, ménagerie crédit!
J'auroistrop à rougir d'une telle bassesse. Près d'elle, j'y consens, fais agir ton adresse, Sans dire que ce soit de concert avec moi; J'approuve ce commerce, il convient d'elle à toi. On vient: sors, et sur-tout fais bien ton personnage,
PASQUIX.
Oh ! quand il faut mentir, nous avons du courage.