‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 212 sur 232 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LYCANDRE, LE COMTE.

L YCAN DRE.

Que veut dire ceci?

LE COMTE

J'ai mes raisons.

LYCANDRE.

Pourquoi Marquez-vous tant d'ardeur à l'éloigner de moi?

LE CO.MTE.

Aux regards d'un valet dois-je exposer mon père ?

LYCANDRE.

Vous craignez bien plutôt d'exposer ma misère; Voilà votre motif: et, loin d'être charmé De me voir près de vous, votre orgueil alarmé Rougit de ma présence ; il se sent au supplice.

De sa confusion votre cœur est complice; Et, tout bouffi de gloire, il n'ose se prêter Aux tendres mouvements qui devroient l'agiter. Ah ! je ne vois que trop en cette conjoncture Qu'une mauvaise honte étouffe la nature. C'est en vain qu'un billet vous avoit prévenu ; Et je me suis trompé, croyant qu'un inconnu Vous corrigeroit mieux qu'un père misérable, Qu'à vos yeux la fortune a rendu méprisable.

Qui? moi 1 je vous méprise? Osez-vous le penser? Qu'un soupçon si cruel a droit de m'offenser! Croyez que votre fils vous respecte , vous aime.

L YCANDRE.

Vous? Prouvez-le-moi donc, et dans ce moment même;

LE COMTE

Vous pouvez disposer de tout ce que je puis. Parlez; qu'exigez-vous?

LYCANDRE.

Qu'en l'état où je suis Vous vous fassiez honneur de bannir tout mystère, Et de me reconnoitre en qualité de père Dans cette maison-ci. Voyons si vous l'osez.

LE COMTE

Songez-vous au péril où vous vous exposez?

LYCANDRE.

Dois-je me défier d'une honnête famille? Allons voir Lisimon. Menez-moi chez sa fille.

LE COMTE

De grâce, à vous montrer ne soyez pas si prompt:

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