‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 3 sur 232 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

ORONTE

Non, je ne puis être parfaitement heureux. J'avois une femme, elle est morte: je l'ai pleurée pour la forme , tandis que je me réjouissois en secret d'être délivré d'un tyran qui contrôloit toutes mes actions , et qui vouloit disposer de mon cœur après vingt-deux ans de mariage. Je croyois que sa mort me laisseroit libre ; je suis esclave de mes enfants, qui m'obligent à me contraindre et à garder des bienséances sur lesquelles je n'oserois passer, sans me faire tympaniser par la ville. J'ai un fils plus grand que moi : quelle mortification pour un père qui n'est pas dans le goût de renoncer au monde 1 J'ai une fille aimable et bien faite ; elle ne veut point se faire religieuse : il faut donc la marier : la fâcheuse nécessité pour un père qui aime son bien plus que sa fille ! Quel parti

lo LE TRIPLE MARIAGE,

dois-je prendre? Il faut que je tâche de les amuser encore quelque temps, pour me donner celui d'arranger mes affaires à ma fantaisie.

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