MASQUES
o R o>' T E , h Valère.
Laissons -la dire; c'est une femme qui parle... (à Nérine.) Nérine, allez chercher Julie. Il faut faire les choses de bonne grâce, quand il n'y a pas moyen de s'en disjienser. Je vais lui dire moimême que je la reconnois pour ma belle-fdle. j V L I E , 5e démasquant.
Me voici, monsieur; souffrez que je reçoive ce titre précieux, et queje vous proteste que je ferai tout mon possible pour le mériter.
ORO:STE
Ah, ah! ma belle -fille étoit de la mascarade? Soyez la bien-venue , madame. Il n'est pas nécessaire queje vous dise rien de plus, et vous avez entendu tous nos discours.
SCÈNK X\. -3
JUME.
Je suis prnetiee de vos bonte's, m<jnsieur, et vous ne vous repentirez point...
VA LE RE, a Oronie.
Quelles actions de (jraces ne vous dois-je point, mon pèrel
o p. o N T E- Laissons là les compliments. Divertissons-nous pour célébrer ce mariage et celui de ma fille avec monsieur Michaut.
XÉRINE, a demi-voix ^ a Isabelle.
Allons, à vous, mademoiselle; il faut sauter le fossé.
ISABELLE, h Oronte.
Puisque vous êtes en train de pardonner, mon père, et que vous avez tant d'indulgence pour mon frère et pour Julie, souffrez que je vous demande pour moi la même gi-ace.
or.o>(TE.
Comment donc?
ISABELLE, montrant M. Michaut.
Je n'aime point monsieur; ne me contraignez pas à l'épouser, si ma vie vous est chère. J'ai pensé la perdre dans une longue maladie , qui n'a été causée que par le refus que vous avez fait de me donner à Cléon... {se jetant aux pied'; d'Oronte) ; mais comptez que je vais mourir à vns ge-
noux si vous ne confii-mezpas aussi notre mariage.
ORONTE
Si je ne confirme pas voire mariage? Est-ce que vous l'auriez aussi e'pousé secrètement?
ISABELLE
C'est avec une extrême confusion que je vous l'avoue. Oui, mon père , Cléon est mon époux : il y a plus de six mois que je suis sa femme; et ma tante, qui a bien voulu nous unir ensemble... ORO>TE, l'interrompant.
Mon oncle, ma tante!... Parbleu! je suis bien redevable à mon frère et à ma sœur du soin qu'ils prennentde rnariermes enfants... (à iV/. Michaut.) Voilà une affaire où il y a encore moins de remède qu'à l'autre, monsieur Michaut, et je ne puis faire rompre ce mariage sans déshonorer ma fille.