SCÈNE II. ti
OROKTE.
Oui, mon enfant, je veux donner une espèce de bal chez moi , ou plutôt un petit concert mêlé de danses. C'est pour cela que j'ai fait venir ces danseurs et ces musiciens.
NÉRI>-E
Envoyez donc dire qu'on leur ôte le vin ; car s'ils continuent comme ils ont commencé, vous serez obligé de les faire emporter chez eux.
O ROIS TE
Va , ne te mets pas en peine ; plus ils boivent, mieux ils s'accordent.
SÉRISE.
A la bonne heure. Eh! comment avez-vous pu vous résoudre à faire chez vous un semblable appareil , vous qui étiez ennemi juré de ces sortes de divertissements ?
ORONTE
J'ai mes raisons pour cela, et on les saura peut-être avant qu'il soit peu. D'ailleurs, comme ma fille sort d'une longue maladie , j'ai cru qu'un petit divertissement comme celui-là contribueroit beaucoup à sa convalescence.
>'ÉRI>E.
Il est vrai que la musique et la danse ont quelque chose de récréatif; mais je ne crois pas que ce soit là précisément ce qu'il faudroit à made-
moiselle votre fille pour rétablir entièrement sa
santé.
o R o N T E. Oh ! je te vois venir : tu veux dire qu'il lui faudroit un mari?
>'ÉRI>E.
Sans doute. Un mari est un baume spécifique qui rétablit les forces d'une fille languissante.
ORONTE
Je connois la mienne ; elle est trop vertueuse... N É R I > E , Vinterrompan t.
Eh ! pour être vertueuse , est-ce qu'on souhaite moins un époux? Au contraire, c'est la vertu d'une fille qui cause son empressement pour le mariage. Celles qui ne sont pas scrupuleuses s'en passent bien plus aisément. Je vais vous prouver cela.
OR ON TE
Je n'ai que faire de tes preuves.
KÉRIKE.
Supposez, par exemple, que vous ayez un long chemin à faire pendant les chaleurs de l'été.
ORONTE
Eh bien?
KÉRINE
Et qu'il vous soit expressément défendu de boire jusqu'à ce que vous soyez arrivé au gîte,