MÉLITE, CE LIANTE
MÉLITE
Nul défaut? Cet éloge est assez magnifique. Vous ne faites pas mal votre panégyrique.
CÉLI AXTE.
En êtes-vous contente?
MÉLITE
Assurément.
CÉLIANTE.
Fort bien , Quand je ferai le vôtre, il n'y manquera rien.
MÉLITE, eti souriant.
Vous me peignez souvent, mais c'est d'une autre sorte.
CÉLIANTE.
Je dis ce que je crois ; la vérité m'emporte.
MÉLITE
Il n'est rien de si beau que la sincérité :
Mais souvent ce qu'on croit n'est pas la vérité.
CÉLIANTE.
De semblables erreurs je ne suis point capable; Je ne crois jamais rien qui ne soit véritable.
MÉLITE
Cependant vous croyez n'avoir aucun défaut.
CÉLIANTE.
c'est ce qu'en un besoin je prouverois bientôt.
MÉLITE
Comment?
lis LE PHILOSOPHE MARIE.
C EL I AN TE
En faisant voir aisément, ce me semble, Qu'en tout point, vous et moi, nous différons ensemble.
Si votre caractère est différent du mien, Je crois que contre moi cela ne conclut rien.
Vous croyez imposer par votre orgueil modeste ; Mais, malgré vos replis , on vous connoît de reste.
M ÉLITE
Plus je me fais connoître, et plus on est content; Bien d'autres que je sais n'y gagneroient pas tant.
Vous vous targuez beaucoup d'avoir assez d'adresse Pour mener un mari dont on plaint la foiblesse.
MÉLITE
Je tâche de lui plaire ; il reconnoît ce soin :
C'est tout mon art. Le vôtre iroit un peu plus loin.
CÉ LIANTE
Vous êtes , je l'avoue, une fine hypocrite. Vous ne l'avez charmé que par un faux mérite,
MÉLITE
Le vôtre si solide, et par vous si vanté, A manqué sa conquête , et s'en étoit flatté.
CÉLIA-NTE.
Qui? moi ? je l'ai manquée ? Ah ! quelle impertinence ! Il n'a tenu qu'à moi d'avoir la préférence.
MÉLITE
Vous êtes mon aînée, et vous ne l'eûtes pas.