‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Destouches (volume 2)Chapitre 87 sur 232 · ARISTE, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

ARISTE, LE MARQUIS

ARISTE

Marquis, vous m'excusez, je croi?

Si mon oncle indiscret...

LE MARQUIS

Vous moquez-vous de moi?

Je n'ai que trop senti votre embarras extrême : J'entrois dans votre peine aussi bien que vous-même.

i36 LE PHILOSOPHE MARIÉ.

Me venir relancer jusqu'en mon cabinet!

Crier! nous interrompre! et vous brusquer tout net!

Je ne puis y penser sans en mourir de honte.

LE MARQUIS

Avez-vous conclu?

ARISTE

Non ; nous sommes loin de compte.

Avec sa belle-fille il prétend me lier.

LE MARQUIS

Vous n'êtes pas si sot que de vous marier. Que la philosoj^hie est un grand avantage! Personne mieux que vous n'en a su faire usage.

ARISTE, à part.

Il me raille; auRoit-il découvert mon secret?

( au marquis. ) Il est vrai que souvent, d'un ton fort indiscret, .Sur les pauvres maris j'ai lancé la satire.

LE MARQUIS

Comment! en leur faveur voulez-vous vous dédire?

ARISTE

Oui ; leur état commence à me faire pitié.

LE MARQUIS

Ah! mon pauvre garçon, seriez-vous marié?

Il court de certains bruits... Mais je ne puis les croire,

Et j'ai querellé ceux qui forgeoient cette histoire.

Et VOUS avez bien fait; je vous suis obligé.

LE MARQUIS

Je ne saurois souffrir de vous voir outrage.

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