ACTE III, SCE^'E VI. i
L \ BARONNE
Les astres pourroient bien avoir pris le change... Mais apparemment que vous n'interprétez pas bien leurs prédictions.
LE MARQCIS.
Je ne les interprète pas bien? Vous allez voir... (^au baron.) Dis-moi un peu, vieux sorcier, ce Mars si terrible, dont tu viens de nous annoncer l'entrée, ne ressemble-t-il pas à un jeune seigneur... hé! là... que l'on appelle le marquis du Tour?
LE BARON
Il ne lui ressemble pas plus... que vous ne me ressemblez.
LA B A R o >■ N E , «u n? arqu'is.
Je vous le disois bien, que vous n'entendiez pas le langage des astres.
LE MARQUIS, rtu baron , en le tirant de côté.
Docteur, un petit mot à l'écart... Ces deux planètes que tu vois ici seront bientôt en conjonction. J'ai lu cela dans les astres, moi qui te parle.
LE BARON, rt pan.
Maugrebleu de l'impertinent ! il me met en fureur, et peu s'en faut que je n'éclate... (à /a baronjie.) Madame, j'ai ouï dire qu'on entendoit toutes les nuits un grand bruit dans ce château.
i54 LE TAMBOUR NOCTURNE.
LA BARONNE
On VOUS a dit vrai, et l'on m'a dit aussi que vous vous vantiez de le faire cesser. J'avoue que cela in'a donne un grand empressement de vous voir. Je ne m'en repens point; et, sans vouloir vous flatter, je trouve que votre aspect inspire de la vénération pour votre personne, et de la confiance en votre art. Je crois qu'il y a longtemps que vous le pratiquez, car vous avez l'air d'être bien vieux.
LE BARON
Mon air vous trompe. Quel âge me donneriezvous bien?
LE MARQUIS
Parbleu! je te crois, au moins, le frère cadet de Mathusalem. En conscience, ri'es-tu pas né quelques mois avant le de'luge?
LA B A RO N K E, au fearon.
Monsieur le marquis fait le plaisant; mais, pour moi , qui vous parle sérieusement , je vous donnerois cent ans.
LE BARON
La mine est bien trompeuse, ma belle dame ; et je vous conseille de ne juger jamais par-là. Tel que vuus me voyez, je n'ai eu que trente ans le dernier jour d'avril : mais l'étude des sciences