‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 125 sur 338 · ACTE IV, SCENE IX. iSîi · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX. iSîi

LA BAKOSNE.

Vous lui faites tort. Il a toujours eu la réputation d'un honnête homme.

LE MARQUIS, lui baisant la main.

En vérité, rous êtes trop charmante ! .

LA CAROS:SE.

En vérité, voilà une réponse bien spirituelle!

LE MARQUIS

Oh çà , changeons de conversation , et venons à quelque chose de plus important. Comme je vous épouse...

LA BARONNE, ^interrompant.

Vous m'épousez ?

LE MARQUIS

Oui, je vous épouse: conscquemment il est nécessaire de prendre ensemble quelques arrangements.

LA BARONNE

Mais, monsieur le marquis...

LE MARQUIS,/ interrompant.

Je me suis fait rendre un compte exact de tout ce qui va m'appartenir, indépendamment de votre personne. Votre terre est fort bien boisée ; j'en suis assez content. Quant à vos quatre services de vermeil , je m'en déferai ; cela n'est plus de mode , et je veux que nous mangions dans des assiettes de la Chine. Voilà déjà un article ter-

itC, LE TAMBOUR NOCTURNE.

miné. A l'égard de cette prodigieuse quantité de vaisselle d'argent... Je ne fais pas grand cas, moi, de la vaiselle d'argent. Je compte d'abord m'en faire un équipage, me donner six chevaux des plus lestes. Le surplus, comme il est juste que je vous donne quelque preuve éclatante de mon amour, je l'emploierai à vous faire faire des diamants, dont je vous ferai présent. Vous me ferez bien la grâce de les accepter ?

LA BARONNE

Mais, en vérité, cela est trop généreux! J'ai pourtant une petite prière à vous faire.

Ah! volontiers.

LA BAROISNE.

C'est de ne point disposer de mes effets avant que d'être en possession de ma personne.

LE MARQUIS

Eh ! mais cela ne peut pas me manquer.

LA BARONNE

Je vois que vous avez pris grande affection pour mes meubles.

LE MARQUIS

C'est que j'aime tout ce qui vous appartient.

LA BARO^NE

Je le crois; mais, ni mes meubles, ni moi, ne

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