ACTE V, SCÈxNE VI
vous obstinâtes pas long-temps à défendre votre thèse. Le baron, charmé de cette docihlé, prit une de vos belles mains qu il baisa avec transport ; et il pensa mourir de joie , quand vous lui dites que, malgré les idées que vous vous étiez faites, vous ne laisseriez pas d'obéir aux volontés de votre mère.
LA BARONNE, à part.
Il n'omet pas une seule circonstance.
Venons présentement à la première nuit de vos noces...
LA BARONNE, l interrompant.
Non, non, cela n'est point nécessaire.
M™e CATAU, au baron.
Oui; en voilà assez, en voilà assez..
LE BARON
Ah! ah! madame Gatau, vous souvient-il que le baron vous fit un présent de trente pistoles, parcequevous aviez parlé en sa faveur?
Mme CATAL-, Cl part.
La peste soit du babill ard \...(au èaron .) Mais , monsieur, vous devriez bien ajouter que je refusai de les prendre..
LE BARON
Oui, par cérénjonie ; car, à la seconde sommation , vous les ir,îtes dans votre bourse.
M'»^ CATAU, à part.
Ce diable -là va parler des mille écus que
Leandre m'a promis, si je n'y prends garde...
{au baron.) Permetlez-moi de vous dire qu'un
homme qui devine tout ne doit pas être indiscret.
LA BARONNE, ail harou .
Plus je vous écoute, monsieur, plus j'admire l'étendue de votre art. C'est pourquoi je vous prie de faire en sorte que la seconde apparition de mon mari soit moins terrible que la première ; car l'esprit qui revient céans ressemble si fort à feu monsieur le baron , que je ne doute plus que ce ne soit lui qui revient. De grâce, tâchez de savoir de lui ce qui peut troubler son repos^ et ne manquez pas de me le redire, afin que j'y mette ordre.
LE BARON
Je ne puis y réussir, à moins que vous ne me déclariez bien sincèrement, si, depuis qu'il est mort, vous n'avez point engagé votre coeur à quelque autre. N'avez-vous pas reçu plusieurs aniauts? N'avez-vous pas écouté leurs protestations depuis son trépas? Gardez-vous de m'imposer; je ne pourrois rien faire pour vous.
LA BARONNE
J'ai reçu beaucoup de visites par bienséance, mais j'ai congédié tous les amants. Le marquis