ACTE V, SCÈNE XI. 2si
M™" CATAU, h M. Pincé ^ en montrant le baron. Monsieur Pince, ne ruille-t-il point quand il dit qu'il n'est pas mort?
M. PINCÉ
Non , mon ange, il dit vrai, par trois raisons. La première...
LA BARONNE, au baron.
Comment avez- vous pu avoir la cruauté de différer si long-temps mon bonheur ? Vous m'avez dérobé des moments précieux, que je regretterai toute ma vie.
LE BARON
Je ne vous ai trompée que pour rendre notre félicité plus parfaite. Elle ne pouvoit l'être, si j'eusse conservé des soupçons ; et leé apparences m'en faisoient naître. Je me suis éclairci par moimême ; et ce qui sembloit vous accuser n'a servi qu'à prouver votre constance. La mort même n'a pu détruire votre amour.
Et l'absence n'a fait qu'augmenter votre tendresse... Veuille le ciel que je puisse faire votre bonheur jusqu'au dernier instant de ma vie !
LE BARON
Que tout se ressente ici de la joie dont je suis pénétré. Je veux célébrer ce jour, comme un se-
cond loariage que nous contractons, vous et moi. Que mes domestiques se réjouissent; qu'on appelle tous mes voisins... (à M. Pincé.) Monsieiu' Pince', pour vous te'moigner ma reconnoissance, je sais que vous aimez Catau, mais qu'elle n"a pas assez de bien pour vous. Epousez-la , je lui pardonne , et m'engage à lui donner les mille écus qui lui ont été' promis ; et comme je ne veux pas qu'il y ait aujourd'hui chez moi une seule personne qui ait sujet de s'affliger. . .(à la baronne.) Faites grâce à Léandre, c'est moi qui vous en prie.
L^ BARONNE
De tout mon cœur.
M"»e G A T à u , au baron.
Ah! mon cher maître , vous êtes toujours le même.
LA BARONNE, au baron.
Non seulement j c pardonne aussi à Catau, mais je regarde ce que vous faites pour elle comme une nouvelle marque de la tendresse dont vous m'honorez.
M™e CATAU, (i M. Pincé.
Mon cœur, vous qui êtes éloquent, remercieales pour nous deux.
M. PINCÉ, au baron et a la baronne , en leur
faisant une profonde révérence.
Monsieur et madame, le présent que vous me