‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 154 sur 338 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

s ANSPAIR, en robe de chambre.

Holà! quelqu'un! Comment! je vois naître l'aurore.

Et pas un de mes gens ne se réveillt- encore!

Laquais! Monsieur Goiju! Personne ne répond!

Tout dort, et moi je veille! Un silence profond

Règne dans ma maison à quatre heures sonnées!

Est-ce ainsi qu'à dormir on perd les matinées?

Monsieur Gorju! Laquais! J'ai beau taire fracas,

On ne s'éveille point, et l'on fait peu de cas

D'un maître, dont le cœur trop facile et trop tendre,

A la plus foible excuse est tout prêt à se rendre.

A la fin , c'en est trop; et contre mon penchant

Il faut que je devienne inflexible, méchant,

Dur, hautain, querelleur. Oui, changeons de manière;

Cachons mon naturel sous une morgue fière:

C'est l'unique moyen de se faire obéir.

On se reud respectable en se faisant haïr; Au lieu que la bonté, quand elle est excessive , Rend l'ame des valets paresseuse et rétive : Malheur doue au premier qui tombe sous ma main ) Jamais il n'éprouva maître plus inhumain. Enfin voici Gorju. Commençons.

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