SCÈNE V
SANSPAIR, 5C jetant dans u n fauteuil.
Me voilà daus le piège.
De toutes parts l'amour me poursuit et m'assiège. Je n'en reviendrai point. Je suis pris, je suis mort, J'aime j je suis jaloux. Grand dieu! quel est mou sort! T:n malheureux portrait me fascine et m'obsède. De la source du mal j'attendois le remède; Et la source fatale où j'espérois guérir M'offre mille poisons pour me faire périr. Quels poisons! Quelle source est plus noble et plus pure Charmant original , plus beau que ta peinture , (Si j'en crois mon oreille aussi bien que mes yeux)
Assemblage divin de cent dons précieux,
Le ciel ue t'a-t-il fait que pour me rendre esclave?
Ou faut-il que mon cœur te résiste et te brave?
s'il le faut, le peut-il? Ouoi! lâcbe que je suis.
J'ose déjà douter de tout ce que je puis!
Non , uon; en vain Tamour m'aveugle et me transporte
Je veux que ma raison soit toujours la plus forte;
Je veux qu'elle ti iomphe. Ah ! qu'elle obéit mal !
Eh quoi! de mon neveu je serai le rival!
Et rival mallieureux , je n'en fais aucun doute.
Il est v'if et bruyant; il soupire, on l'écoute.
Je serai ridicule , en m'offrant après lui ;
Le marquis le soutient; il conclut aujourd'hui.
Irai-je m'embarquer, sûr de faire naufrage?
D'aiihurs suis-je fait, moi, m«i , pour le mariage?
Après avoir long-temps évité le danger.
Sous un joug si commun je pourrois me ranger?
Semblable a tant de sots dont j'ai fait la satire,
Faudra-t-il qu'à mon tour je leur apprête à rire?
Moi, marié! Parbleu, cela me siéroit bien!
Non, mon cœur ; taisez-vous; non , il n'eu sera rien.
[Il parte au portrait.) Vous, séducteur muet, qui voulez me surprendre, Pour ne vous craindre p!us, je brixle de vous rendre. Faisons mieux; renvoyons-le, et fuyons un objet Plus dangereux eucor que son divin portrait. Oui, suivons saustarder ce dessein maguauin)c: Ali! \^ me reconnois, et me rends mon estime. Quelle gloire ! mon cœur eu crève de dépit. Mais...