‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 181 sur 338 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Mou maître met à part cent mille fraucs, au moins. Outre qu'il est très riche, il garde un si grand ordre, Que sur ses revenus personne ne peut mordre. Il rit de nos seigneurs, qui, faisant les fendants, Laissent régner chez eux messieurs les intendants. Et leur donnent le droit de les metti e au pillage.

PASOUIX.

On le traite de fou; moi, je dis qu'il est sage :

Se passer d'intendant, c'est l'êire au dernier point.

En se volant soi-même on ne s'appauvrit point.

GORJD.

Bien dit.

PASQUIN

Sa garde-robe est-elle magnifique ?

GORJ u.

Point du tout, car il est amoureux de l'antique. Bien loin de se régler sur les modes du temps, Celle dont il se pare a, du moins, cinquante ans. Ses poches sont en long, ses perruques crêpées. Les hommes d'aujourd'hui lui semblent des poupées. Il aime un habit simple et plein de gravité. Mais re qui prouve mieux sa singularité. Cet homme simple, uni, veut que ses domestiques Soient tous, selon leur ordre, en habits magnifiques; . Que la n;ode sur-tout les fasse bien briller : Dès qu'il en paroît une, il nous fait habiller; Vous en pouvez juger par l'habit que je jîorte; Il est fort au-dessus d'un homme de ma sorte.

PASQUIN

Il vous sied à ravir.

ROR JU.

Oh ! votre serviteur;

Je vous ai pris d'abord pour un petit seigneur.

GORJ u.

J'en ai , sans me vanter, et le port et l'allure. Mais chut! Voici monsieur.

PASQuiN, à part.

O la bonne figure !

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