‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 19 sur 338 · ACTE ï, SCENE Ml. ii · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCENE Ml. ii

L\ COMTESSE

Mais, madame.

LA PRÉSrDE>TE.

Mais , madame.

LA COMTESSE

Je m'en vais donc m'en retourner.

LA PRÉSIDENTE

Et moi aussi, je. vous assure.

M. DES MASURES, 56 mettant entre elles. Je vois bien , mesdames, qu'il vous faut l'entremise d'un homme de tête, pour ajuster ce différend. Donnez-moi la main l'une et l'autre. {^Elles lui donnent la rna'tn , et il les tire toutes deux ensemble sur le théâtre, après quoi le comte et le président font les mêmes cérémonies a la porte ; le baron et la baronne allant tantôt à Vun et tantôt a l autre , pour les faire passer.^

LE COMTE

Monsieur le pre'sident, j'espère que vous ne serez pas si cérémonieux que madame la pre'sidente?

LE PRÉSIDENT

Monsieur le comte , je sais aussi bien mon devoir que ma chère e'pouse.

LE COMTE, dun ton brusque.

Oh! parbleu! vous passerez.

LE PRÉSIDE >'T, li'un ton doucereux.

Sur mon honneur, je ne passerai pas.

LE COMTE, s appuyant d'un côté de la porte.

Je demeurerai donc ici jusqu'à ce soir.

LE PRÉSIDENT, S appuyant de Vautre coté.

Et moi, je garderai mon poste jusqu'à demain matin.

LE COMTE

Têtebleu ! on m'assommera plutôt que de me faire démarrer d'ici.

LE PRÉSIDENT

Et on m'e'corchera tout vif, plutôt que de me faire faire un pas.

M. DES MASURES

Vous verrez, messieurs, que je suis destiné à terminer ici toutes les disputes de civilité. ( // sort y leur donne la main comme aux dames, pour les faire passer tous deux ensemble; ils résistent l'un et l'autre, et il les tire si fort qu'il fait un faux pas, et est près de tomber avec eux. )

C'est une belle chose que la politesse ! Croiriezvous bien qu'elle ne règne plus que dans les provinces? Vivent les provinces pour les manières? On se pique à Paris d'un petit air aisé qui est la grossièreté miéme.

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