‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 191 sur 338 · JULIE, LE COMTE, PASQUIN, LISETTE · texte numérisé non relu

JULIE, LE COMTE, PASQUIN, LISETTE

LE COMTE, prenant la main de Julie.

Eh bien! mon adorable, enfin voici le jour Où nous pourrons en forme exprimer notre amour; Caj" je crois qu'entre nous il est très réciproque, Et que de vous à moi tout est sans équivoque.

JULIE, bas, à Lisette.

Ah! qu'il est différent de ce vilain baron!

LISETTE, has, à Julie.

D'accord : mais il a l'air un peu trop fanfaron.

JULIE, bas, à Lisette.

C'est le bon air.

LISETTE, bas, à Julie.

Tant pis.

LE COMTE, à Julie.

Vous balancez, me semble?

Quoi! la consultez-vous?

J ULIE.

Non. Mais c'est que je tremble.

LE COMTE

Et de quoi tremblez- vous?

JULIE

Mou frère peut venir.

Qu'il vienne. Ne songeons qu'à nous entretenir En pleine confiance; et, s'il survient un frère. Pour le rendre traitable on sait ce qu'on doit faire.

JULIE

Bon Dieu! que difes-vous? Il faut le ménager; Mon sort dépend de lui.

LE COMTE

Je saurai l'engager A m'étre favorable : et, selon l'apparence, Il ne peut ignorer mon rang et ma naissance. Cn homme de ma sorte ose se présenter, Et ne sent rien en soi qu'on puisse rebuter.

JULIE

Je ne vois rien en vous qui n'ait le don de plaire, Mais peut-être est-ce assez jiour dégoûter mon frère.

L F. COMTE

Pour le dégoûter?

LISETTE

Oui.

LE COMTE

Parbleu! vous m'étonnez.

Quel travers est-ce là?

JULIE

Le ton que vous prenez, Vos manières, vos airs, que je trouve admirables, Pourroieut bien à ses yeux paroitre insupportables.

LISETTE

Oh ! je vous en réponds.

LE COMTE

Ma foi , tant pis pour lui.

Je suis précisément ce qu'on est aujourd'hui.

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