ACTE III, SCÈNE III
Que de gagner son frèie, et c'est là Tenclouure.
LE COMTE
Que faire pour cela?
LISETTE
Changer votre figure, Vos manrères, vos tons, vos discours.
LE COMTE
oh ! ma foi, Tu me demandes trop.
LIStTTE.
Et je vous soutiens, moi.
Qu'avec beaucoup d'esprit et beaucoup de tendresse On sait se retourner. Songez que le temps presse.
LE COMTE, en r/anf.
Oh ! je n'en doute pas.
JULIE
A^ous l'interprétez mal.
Le temps est précieux quand on craint un rival.
LE COMTE
Quel est-iP
Un baron.
JU LIE
Appuyé de mon frère.
LE COMTE
Un baron, dites-vous?
LISETTE
Oui; de la Garouffière.
JULIE
Je le hais , je l'abhorre; et mou frère en est fou.
LE COMTE
D'où sort cet animal?
Il uous vient du Poitou.
LE COMTE
Laissez-moi faire, allez, et vous verrez merveilles. Je veux de\ant Sanspair lui couper les oreilles.
PASQUIN
Belle expédition!
LISETTE
Voilà le vrai moyen De vous faire une affaire, et de n'y gagner rien.
LE COMTE
Quoi! j'aurai pour rival un pareil personnage? Un campagnard? un sot?
LISETTE
Il l'est à triple étage; Et c'est par là qu'il plaît au comte de Sanspair, Qui le détesteroit, s'il avoit le bon air.
PASQUIN
Voulez-vous obtenir votre aimable maîtresse? Usez avec Sanspair et d'esprit et d'adresse. Sous de graves habits cachez l'air cavalier, Pour paroître à ses yeux bizarre et singulier. Et, de la tête aux pieds, tout autre que vous n'êtes Vous gagnerez son cœur, si vous le contrefaites; Sinon, tenez-vous sur qu'il vous rebutera.
LE COMTE
Je veux bien l'imiter; mais qui me l'apprendra?