LE BARON, ANGÉLIQUE
LE B A R O ^
Oh eà, ma fille, parjpz-inoi naturellement. Je m'aperçois, depuis quelcjue^ jours, que vou» êtes triste et rêveuse; sans doute que vous regrettez le séjour de Pans?
AîiGÉLIQUE.
Hélas !
LE BARON
Voilà un hélas qui me fait voir que j'ai deviné juste. Tu t'ennuies ici, ma pauvre enfant?
ANGÉLIQUE
Non, mon père, je ne m'y ennuie pas, et ce séjour auroit mille agréments pour moi, si on m'y I.Tissoit disposer de moi-même ; mais à peine suis-je arrivée , qu'on parle de me marier, et avec qui? avec un provincial. Que dis-je, un provincial ? un campagnard ; et , qui pis est , un campagnard bel esprit. Quelle société poîSr une fille comme moi, élevée dans le grand monde, et accoutumée au commerce des gens de la cour et de Paris les plus polis et les plus spirituels!
LE BARON
Ah! ma pauvre fille, l'éducation que ta tante t'a donnée te rendra malheureuse. Tu as trop d'esprit et de perfection pour ce pays-ci.
Eh! pourquoi voulez-vous donc m'y attacher?
LE BARON
Moi, je ne veux rien; c'est ma femme qui veut.
A> G ÉLIQUE.
N'êtes-vous pas le maître ?
LE BAT. ON
Oui, corbleu ! je le suis.
ANGÉLIQUE
Mais ma jnère vous engage toujours à être de son avis.