ACTE III, SCÈNE VIL 3o
LA COMTESSE
N'importe ; il me le faut.
SANSPAIR.
Ah! si vous prétendez...
Quoi ! sérieusement vous le redemandez?
LA COMTESSE
En pouvez- vous douter? J'ai peine à vous comprendre,
s A N s P A IK , tendrement.
Ah ! vous m'entendriez, si vous vouliez m'entendre.
LA COMTESSE
J'y fais tout mon possible.
SANSPAiR, à part.
Eu vain je me combats.
O ma foible raison , ne m'abandonnez pas ! Jamais femme pour moi ne fut si dangereuse.
LA C o M T E s s E , à ^«rt.
Ah! s'il pouvoit m'aimer, que je serois heureuse! Mon portrait m'auroit-il procuré ce bonheur? Cessez, hère raison, de défendre son cœur. SANSPAIR, sortant de sa rêverie.
Eh bien, madame?
LA CO.MTESSE.
Eh bien?
SANSPAir,.
Perdrai-je l'espérance De garder Ce portrait?
LA COMTESSE
Et sur quelle apparence Oserois-je , monsieur, le laisser eu vos uiaius? Expliquez-vous, du moins.
3o6 L'HOMME SINGULIER,
SAN SPAIR.
Ah ! c'est ce que je crains.
LA COMTESSE
Finissons donc, monsieur. J'attends ici mon père; Que lui dirai-je?
SA NSPAI R.
Eh! mais... Dites-lui sans mystère Que jai refusé de... Non , ne lui dites rien : La chose iroit trop loin ; car vous comprenez bien Qu'il voudioit pénétrer la véritable cause De ce refus.
LA COMTESSE
Sans doute.
SAXSPAIR.
Et SI je lui propose Quelque accommodement... Car on en peut trouver.
LA COMTESSE
Je ne le prévois pas.
SAîiSP AIR.
Je vais vous le prouver.