‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 206 sur 338 · ACTE III, SCENE Vlll. 3o · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE Vlll. 3o

SANSPAIR.

Moi , je veux que son cœur décide de son sort. IVous devons l'établir juge en dernier ressort.

LE MARQUIS, à la comtesse.

Eh bien! prononcez donc.

LA COMTESSE

Je ne le puis encore.

LE MARQUIS

Mais quaud le pourrez-vous ?

LA COMTESSE

Voilà ce que j'ignore.

LE MARQUIS

Je crois qu'ils sont d'accord pour me faire enrager. On établit un juge , il ne veut pas juger.

LA COMTESSE

Eh bien! puisque monsieur prétend que je prononce, Il aura la bonté de dicter ma réponse.

SANSPAIR.

Moi, madame?

LA COMTESSE

Oui, monsieur ; je m'en rapporte à vous. Je veux de votre main recevoir un époux. Votre décision sera ma loi suprême.

Et vous me guiderez beaucoup mieux que moi-même. Je suis d'un sexe foible et sujet à l'erreur. Vous avez trop de sens, de vertu, de candeur, Pour ne me pas donner un conseil salutaire. Vous connoissez lîeausang, son bien, son caractère: Et si vous décidez qu'd est digue de moi, Dès ce soir je lui donne et mon cœur et nia foi.

3io L'HOMME SINGULIER.

LE MARQUIS

C'est bien dit. Je reviens à l'avis de ma fille. Eh bien ! servez-nous doue de père de famille. Prononcez,

SANSPAIR.

Je ne puis.

LE MARQUIS, à part.

Quel mystère est ceci?

s A N s p A I R , après avoir un peu rêvé. Voulez-vous revenir dans deux heures d'ici ? Ce n'est pas demander trop de temps, ce me semble.

LE MARQUIS

Dans deux heures d'ici nous reviendrons ensemble. A l'égard du portrait...

j LA COMTESSE.

Monsieur le gardera, Et, suivant son arrêt, il eu disposera.

LE MARQUIS

Allons donc.

SANSPAIR, donnant la main à la comtesse. Permettez que je vous reconduise.

LE MARQUIS

Il n'est point, di>iez-vous, de plus haute sottise Que cette taçon-là.

s AN SP AIR.

Je l'ai dit, en effet; Mais on peut varier pour un si beau sujet.

FIN' DU TROISliîME ACTE.

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