‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 223 sur 338 · LE M ARU U IS · texte numérisé non relu

LE M ARU U IS

Si je n'étouffe pas, ce sera grand miracle.

LA COMTESSE

Les singularités sont mon aversion; Mais celle-ci ravit mon admiration.

LE M A K o u 1 s.

Courage.

Oui, la maxime est digne qu'on l'admire: Et, non plus que monsieur, je ne veuv point écrire.

LE MARQUIS, à /a comtesse.

Vous ne signerez pas, vous?

LA COMTESSE

Non, absolument; Vous vous contenterez de mon consentement.

LE MARQUIS

La voilà folle aussi ! Ti éve de raillerie.

LA COMTESSE

C'est vous qui prétendez que jC me remarie. Que j'accepte Beausang; vous m'imposez la loi, C'est à voas à signer et pour vous, et pour moi.

LE MARQUIS

Parbleu , nous allons faire un act€ bien valable 1

(à Sans I air. ) Ayei le procédé d'un homme raisonnable.

Tous voulez me contiaindre à signer mon malheur?

Ma fille signera ; j'en jure mon honneur. LA COMTESSE, «1/ nioiquts.

contiaindre à signe SANSPAIR, à part.

Son malheur!

LE M A R Q D 1 S , à /a. comtesse , dun air menaçant. Ah!

LA COMTESSE

Du moins que monsieur me prévienne, Et que ce soit sa main qui dirige la mienne. Si vous signez, monsieur, je vous imiterai.

LE MARQUIS

Ah ! passe pour cela.

SAN SPAI R.

Moi! je vous préviendrai?

Ne vous en flattez pas. Pour fioir votre affaire, Amenez, s il le faut, ici votre notaire ; S'il croit avoir besoin de mon consentement, Je le lui donnerai, de bouche seulement. Pour signer, je veux être écrasé de la foudre, Si vous venez jamais à bout de m'y résoudre.

LA CO>!TESSE, OU marqids.

J'irai jusqu'à ce point, et jamais plus avant.

LE MARQUIS

Oui? Préparez-vous donc à rentrer au couvent. Si vous m'y faites voir la moindre résistance, Ma malédiction hâtera ma vengeance.

LA COMTESSE

Que le ciel m'en préserve! Ah! loin de l'encourir. Ou vous me-conduirez je veux vivre et mourir.

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