ACTE V, SCENE III. 34i
LE BARON
L'aimez-vous?
LE COMTE
Oui, je l'aime, Et l'aurai malgré vous, malgré Sanspair lui-même.
LE BARON
Ah! c'est une autre affaire. En étes-vous aimé?
LE COMTE
Autant... qu'elle vous hait.
LE BARON
Parbleu ! j'en suis charmé.
C'est mon cousin qui veut que j'épouse Julie : Moi, qui suis complaisant , j'en faisois la folie; Le tout pour l'obliger, eutre nous; mais, ma foi, Vous aurez la bonté de le faire pour moi. Ainsi donc qui voudra vous dispute la belle; Je veux être pendu, si je me bats pour elle. Sur tout autre sujet on pourroit s'éprouver.
LE c o:\iTE.
Vous me la cédez donc?
LE BARON
Sans en rien réserver,
LE COMTE
Quand vous en allez-vous?
LE BARON
Ce soir je me retire.
LE COMTE
Je veux qu'avec Sanspair vous alliez vous dédire, Sans avoir avec lui nulle explication:
K'y manquez pas, au moins.
LE BARON
C'est mon intention.
Vous verrez à quel point ira ma complaisance.
LE COMTE
Agissez sans détour, et faites diligence.
LE BARON, fièrement.
Un baron tient toujours tout ce qu'il a promis, Sur-tout quand il s'agit d'obliger ses amis. Serviteur.
LE coyiTE., faisant mine de le reconduire. Permettez...
LE BARON
Sans façon , je vous prie.
Adieu. Mes compliments à la belle Julie. Si jamais vous avez quelque affaire d'honneur,
( mettant la main sur la garde de son cpée. ) Vous pouvez disposer de votre serviteur.