ACTE V, SCÈNE XI. Sfn
SANSPAIR.
Voyons ce qu'il m'écrit.
{Il lit.) «Adieu, cousin Sanspair; «Je suis las de la ville, et je vais prendre l'air.
« Je pars sans délai ni remise, « Et vous rends votre sœur tout comme je l'ai prise. «J'en suis fâché pour vous ; mais tout homme, cousin, « Qui prend femme à Paris n'a pas l'esprit trop sain. « Au revoir. » ^
D'où lui vient une telle boutade?
Et qui peut m'attirer cette sotte incartade?
LE MARQUIS
Cet incident m'a l'air d'uu exploit de mon fils; Il a fait un miracle , il me l'avoit promis.
LA COMTESSE, à Sanspatr.
Vous pouvez maintenant vous tourner vers mon frère.
SANSPAIR.
Daignez m'en dispenser; il est d'un caractère Qui me répugne trop.
LE MARQUIS
c'est un jeune éventé ; Mais il a le cœur noble , et d'une probité Qu'on ne peut justement comparer qu'à la vôtre.
LA COMTESSE, à Sanspair.
Songez que de son sort va dépendre le nôtre.
SANSPAIR.
Le nôtre?
LA COMTESSE
Oui , monsieur. Aucun engagement
■i. ài
362 L'HOMME S^INGULIER.
Ne peut plus retarder votre consentement :
Si vous le refusez quand je vous le demande, Quels droits sur votre cœur faut-il que je prétende? Et puis-je me flatter?...