‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 248 sur 338 · ACTE I, SCENE lU · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE lU

Que l'on devoit rougir de la duplicité; Que trahir son ami c étoit faire un grand crime , Et que rien n'assuroit plus de gloire et d'estime Que de s'immoler même aux droits de l'amitié.

LE COMTE

Morale surannée.

Oui?

LE COMTE

Cela fait pitié.

On suivoit autrefois cette fade méthode; Aujourd'hui les amis ne sont plus à la mode. Les hommes sont unis par le seul intérêt: L'amitié n'est qu'un nom.

FINETTE

Cette mode me plaît ; Et de là je conclus, en dépit des scrupules, Que les honnêtes gens sont de francs ridicules... Çà, venons donc au fait.

LE COMTE

Le fait est que j'adore Ta charmante maîtresse; et je dis plus encore, C'est que me voilà prêt à la servir en tout, Si de m'en faire aimer tu peux venir à bout.

FINETTE

Sans vous promettre rien, je ferai mon possible..

Mais, comme à l'intérêt elle est un peu sensible.

Le moyen de gagner son inclination.

C'est que vous nous aidiez à ruiner Cléon;

.Te veux, dire, monsieur, à placer dans nos coffres

Son argent, ses bijoux...

LE COMTE, l'interrompant.

Vous prévenez mes offres.

S'il ne tient qu'à cela , Julie est à moi.

FINETTE

Bon!

Je vais donc attaquer la bourse de Cléon : Secondez mon adresse; et ma reconnoissance Ne fera pas long-temps langxiir votre espérance.

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