‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de DestouchesChapitre 28 sur 338 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

M. DES MASURES

C'est vous qui me plaisantez. Mais que veulent dire toutes les niiiies que me fait ce nigaud-là?

LA B A Ft O s >' E.

Ne vous y trompez pas, il n'est pae si sot que vous le croyez.

M. DES MASURES

Parbleu ! il en a pourtant bien la mine.

L É A N n R E . Patience, monsieur des Masures, je vous ferons connoître qui je sommes.

Il y a des gens dans ce bas monde, qui pourront bian rabattre votre caquet.

M. DES uxsvR^S^ d'un air important.

Dites-moi un peu, messieurs les faquins, qui «ont les gens qui rabattront mon caquet? lÉa>'dre, le contrefaisant.

Je ne nommons parsonne.

LOLiVE, le contrefaisant aussi.

Rira bian qui rira le darnier.

M'. DES MASURES

Qui rira le dernier. Je crois. Dieu me le pardonne, que ces marauds-là me menacent. Sans le respect que j'ai pour vous , ma cousine, je leur apprendrois à parler à un homme de ma qualité.

L É A >■ D R E , lui frappant inidement sur Vépaiile. Ne vous échauffez pas, monsieur des Masures ; ça pourroit avoir queuque mauvaise suite. LOUVE, faisant de même.

Ça est vr^i, ça est vrai. Crachez des vars tout votre sou ; mais, par la ventregoi, ne gesticulez point , je vous en avartis.

M. DES MASURES

II est vrai que je me déshonorerois en châtiant moi-même une si vile canaille; mais, si j'appelle mes gens , je leur ferai donner les ëtrivières.

LOLI VE.

Vos gens sont-ils aussi vigoureux que vos chevaux?

LÉ AND RE

On voit bien qu'ils sont au service d'un poète. Ils ont, morgue , les dents plus longues que les bras.

M. DES M ASURES,7n<?tffl?jf la main surla garde de

son épée y Léandre et Lolive se mettent à rire.

Il faut que j'anéantisse ces marauds-là. LA BARONNE, [ arrétun t.

Que faites-vous, mon cousin? Seriez-vous assez emporté pour frapper mes gens devant moi? M. DES MASURES, d'uu toii tragique.

Rendez grâce au respect (jue j'ai pour la baronne; Sortez, faquins, sortez, c'est moi qui vous l'ordoune.

Page 1