ACTE II, SCENE 111. 4l
M. DES MASURES
Sans doute. F.n triomphant de sa flamme amoureuse. Ma victoire eu sera d'autant plus glorieuse.
LA BAROXE.
A ce qu'il me paroît, mon cousin, vous avez assez bonne opinion de votre petite personne.
M. DES MVSURES.
Quand on est accoutumé à vaincre , on ne craint point détre battu.
LA BARONNE
Ma fille n'est pris une provinciale, je vous en avertis ; et puisqu'il faut vous dire tout , celui qu'elle aime est un jeune courtisan des plus accomplis, à ce qu'on m'assure.
* Et que m'importe? Croyez- vous qu'un courtisan puisse me surpasser en bonne mine, en esprit, en grâces , en talents , en vivacité, en tout ce qui peut toucher et charmer un cœur? si Angélique étoit une bête , une innocente , peut-être que mes belles qualités ne la frapperoient pas; mais étant aussi délicate, aussi spirituelle et aussi savante que vous le dites , il est aussi impossible qu'elle ne sympathise pas avec moi, qu'il est impossible que l'aimant n'attire pas le fer. a. â
5o LA FAUSSE AGNES.
LA BARÛSNE.
Supposons tout ce que vous croyez, il est certain cependant que vous avez un rival dangereux , c|u'on croit qu'il est en ce pays-ci, et qu'il est homme à vous insulter. Ainsi, tenez-vous sur vos gardes. Vous rêvez?
M. DES MASCRES.
Elle a beau se tenir en garde, L'j^mour, ce petit dieu qui darde.
Saura si bien darder son cœur, Que le mien tôt ou tard s'en rendra possesseur.
LA BARONNE
Oh! vous m'impatientez : vous rêvez et vous faites des vers, au lieu de profiter de l'avis que je vous donne.
M. DES M ASCRES.
Excusez, ma chère cousine, je pelote en attendant partie. J'ai une si haute idée de l'esprit de mademoiselle votre fille, que je tends tous les ressorts du mien, pour ne pas demeurer court avec elle. Cette pense'e m'occupe uniquement , et je serai incapable de vous écouter, juscju'à ce que j'aie étale' tout mon mérite à ses yeux.
LA BARONNE
La voici tort à piopos.