CIDALISE, CLÉON, FINETTE
clÉon, à Cidalise.
Ail, madame! venez soulager ma douleur, Et rendez-vous enfin maîtresse de mon cœur. Il brûle d'être à vous; achevez votre ouvrage. Ne lui permettez plus un indigne partage;
Sauvez-le de lui-même; il s'offre à vos attraits, Et se livre en vos mains, pour n'en sortir jamais.
CI D A LISE
Quoi! vous doutiez encor que j'en fusse maîtresse?... Sentez-vous pour Julie un retour de tendresse? Elle l'a mérité.
CLÉON
Je vais la détester...
Désormais tout à vous, j'ose vous protester... [f^oyant que Cidalise a un air contraint et embarrassé.) Vous ne m'écoutez point?
CIDALISE, montrant Finette,
Non , car on nous épie.
FINETTE
Moi?... Tout ce que je voisine fait hair Julie; Et, pour mieux vous prouver à quel point je la hais, Je vais vous découvrir les beaux tours qu'elle a faits... Mais je n'ose.
CIDALISE
Pourquoi?
FINETTE
Si je vous le révèle, Je m'en vais vous causer une douleur mortelle. Vous aimez trop Cléon , vous devez trop l'aimer Pour soutenir ce choc.
CIDALISE
Achève... H faut s'armer De courage... Quel coup va l'accabler encore?
FINETTE
Il peut le supporter, parcequ'il vous adore,