ACTE I, SCENE T
et qui te piais à nous faire mourir de peur, nous te conjurons, mes camarades et moi, de nous laisser manger, boire, et dormir en repos, et nous te promettons, foi de gens d'honneur, de nous enivrer régulièrement tous les jours, en buvant à ta santé.
TOrS TROIS ENSEMBLE.
A ta santc.
MAÎTRE PIERRE, à ses deux camarades.
Notre pauvre maîtresse est dans de grandes frayeurs : elle croit que le revenant est l'esprit de son mari, qui a e'té tué à la dernière campagne de Flandre.
LA RAMÉE
Elle a raison, maître Pierre; ce ne peut être que monsieur le baron qui revient. Il a toujours aimé la guerre. Vous souvenez-vous que, qu^ind il étoit petit , il n'y avoit point d'instrument qui lui fit tant de plaisir que le tambour?
MAÎTRE M COL AS
Mais je m'étonne qu'on n'ait jamais pu retrouver son corps sur le champ de bataille.
LA RAMÉE
Eh! comment l'auroit-on trouvé, nigaud? N'est-il pas ici dans le château? Crois-tu qu'il put battre le tamboHr, comme il fait toutes les nuits, s'il n'avoit pas gardé ses bras et ses mains? -i. 9
MAÎTRE PIERRE, rt NicoloS.
Monsieur de La Piamée a raison, notre maître
revient en corps et en aoie... {On frappe.) Ah!
quel bruit est-ce que j'entends? C'est lui-même!
c'est le diable!... (// veut se cacher sous la table.)
MAÎTRE NICOLAS, effrayé.
A peu près... C'est madame Catau.