LÉANDRE, MADAME CATAU
LÉANDRE
Ma chère Catau, j'ai entendu une partie des discours qui se sont tenus ici. J'en ai ri de bon cœur, et je vois que tu as conduit cette intrigue avec tant d'adresse que je t'embrasserois volontiers pour te remercier, si mon tambour ne m'en empêchoit pas.
Mme CATAT.
Voilà un esprit bien gaillard... (l'examinant avec attention.) Ma foi! plus je vous considère, plus vous me confirmez ce qu'où a toujours dit.
102 LE TAMBOUU NOCTURNE.
que vous resseiiil)liez à feu monsieur le baron,
cutnme si vous eussiez ele son frère jumeau.
LÉANDRE
Si je n'etois pas son frère, au moins e'tois-je son cousin. On se ressemble de plus loin, comme tu sais. D'ailleurs la précaution que j'ai eue, de concert avec toi, de prendre un de ses habits, doit augmenter merveilleusement la ressemblance... Mais, raisonnons un peu. Tu sais que j'aime passionnément ta maîtresse, et qu'elle m'a défendu de paroître devant elle, parceque j'ai osé lui parler de mon amour?
M"ie CATAU.
Oui, je lésais, et qu'elle croit que le de'pit vous a fait retourner à Paris.
LÉ AND RE
J'allfMs partir, en effet, quand le petit fat de marquis arriva. La jalousie me fit re'soudre à rester, pour trouver les moyens de le bannir d'auprès d'elle , et c'est pour cela que j'ai pris le parti de faire l'esprit.
M'we GATA V.
Vous me devez, il est vrai, celte ide'e... Cependant u'étes-vous pas surpris, dites-moi, que je puisse me résoudre à tromper ma maîtresse pour trois cents pistoles que vous m'avez promises?