ACTE I, SCÈNE IV. i
LOLIVE.
De ce coquin-là , qu'il n'y a pas moyen de faire travailler. Tu prétends donc, maître ivro(^ne, man(i;er le pain des honnêtes gens sans le gagner?
LÉ AND RE
Acoutez, maître Pierre, vous êtes un brutal, sauf correction ; mais je le suis aussi quand je m'y boute.
LOLIVE.
Je suis un brutal , monsieur le maroufle ! Si ce n'e'toit le respect que j'ai pour madame...
En vérité , maître Pierre , il me semble que vous maltraitez un peu trop ce garçon-là.
LOLIVE.
Avec votre permission, mademoiselle, ce ne sont pas là vos affaires, {h Léandje.) Ah! je suis donc un brutal!
LÉ ANDRE
Morgue!...
LOLIVE.
Morgue ! tatigué ! ventregué ! tu n'es qu'un sot, enlends-tu, Nicolas? un fainéant, un sac à vin, un...
ANGÉLIQCE.
Le pauvre garçon me fait pitié. Ne souffrez
i6 LA FAUSSE AGNES.
pas, madame, que maître Pierre le traite si rudement.
LA BARO>">"E, à Lolive.
Doucement, maitre Pierre; pourquoi l'accables-tu d'injures, et veux-tu me donner mauvaise opinion de lui?
LOLIVE.
Morgue! c'est qu'il veut se mêler de jaser, au lieu de faire sa besogne.
Là BARONNE.
De jaser! et sur quoi? .
Sur vous, sur monsieur le baron, sur mademoiselle Angélique.
LA BARONNE
Ah ! ah ! ceci n'est pas mauvais ! Et que dit -il de nous?
LOLIVE.
On le prendroit pour un innocent; mais, morgue, ne vous y fiez pas ; c'est un songe-creux, je vous en avartis.