ACTE 11, SCÈNE XL
M. pr«c£.
Ayez la bonté de m'ëcouter.
LA BARONNE
Et VOUS, ayez pitié de moi, et ne m'ennuyez point par un long discours.
M. PINCÉ
Je serai bref. Il est arrivé ici, depuis peu , un vénérable personnage, qui a un mérite très rare. Le peuple l'appelle astrologue, magicien, néci'omancien, sorcier, devin, diseur de bonne aventure...
LA BARONNE, l'interrompant
Laissons là ces titres. A quoi voulez -vous ea venir?
M. PINCÉ
Encore une fois, madame, ayez la bonté de m'ëcouter... Oi', cet homme prétend être fort profond dan« les sciences occultes. Le bruit que notre tambour noctambule fait ici l'y a attiré; et il se vante , non-seulemesit de parler aux esprits, mais même d'avoir l'art de les chasser des maisons où ils reviennent.
LA BARONNE
De bonne foi ! monsieur Pincé, me croyez-vous assez simple pour donner dans de pareilles charlataneries ? Cela ne peut être d'aucune utilité.
M. PIKCÉ.
Cela ne peut faire aucun raal.
LA BARONNE
Je suis sûre que vous-même vous n'ajoutez pas foi aux discours de ce prétendu devin ?
M. PINCÉ
Je ne voudrois pas les (garantir, mais je ne vois aucun danger à en faire l'expérience. Essayez cet homme-là : s'il réussit , nous voilà délivrés de l'esprit ; s'il ne réussit point, nous ne laisserons pas de publier qu'il l'a chassé ; et ce bruit suffira pour nous défendre de cette affluence de curieux qui nous assassinent, et qui nous jettent dans une dépense excessive. Ainsi , de manière ou d'autre, ce que je vous propose ne peut tourner qu'à votre avantage.
LA BARONNE
Oh! pour cette fois-ci , vous parlez raison , et vous me persuadez. Mais où est ce magicien ou ce devin, comme il vous plaira? Je ne sais ce que cela signifie, mais je me sens tout d'un coup une vive i\iipatiencc de le voir. Je crois que je ai'en trouverai bien.
M. PINCÉ, riant.
Je le crois aussi , hi , hi , hi , hi ! Je viens de lui parler; il est sorti pour un moment, et doit venir me trouver dans ma chambre , où je vais l'atten-