SCÈNE IV
LA BARONNE, LE MARQUIS
LA BARONNE
Ah, marquis ! je suin bien aise de vous trouver ici. Je m'en vais vous donner un petit régal qui ne peut manquer d'être agréable à un esprit fort comme vous... (à part.) Je veux mettre ce petit suffisant aux prises avec le devin.
LE MARQUIS, h part.
Elle me cherche, elle me suit par-tout; elle
i4« LE TAxMBOLR NOCTURNE,
m'aime à la folie!... {à la baronne.^ Expliquezvous, ma belle veuve ; de quoi s'agii-il?
LA BARO'NE
Vous savez, ou vous ne savez pas, qu'il y a ici un honime des plus extraordinaires, qui entreprend de nous délivrer de l'esprit dont nous sommes si tourmentés dans ce château. Il se pique d'être profond dans l'astrologie , et de posséder à fond les sciences les plus occultes ; et mon intendant est persuadé qu'il entre un peu de sor- <iellerie dans les connoissances de cet hommelà.
LE MARQUIS
Ma foi, votre int^jndant n'est pas sorcier, lai, puisqu'il croit cela. Mais, quand le verrons-nous,
cet astrologue, ce devin, ce sorcier?
LA BARON>'E
Il sera ici dans un moment; je viens de l'apercevoir de loin. En vérité, c'est une étrange figure !
LE MARQUIS
Oh! puisque sa figure est étrange, il n'y a pas moyen de douter que ce ne soit un homme merveilleux... Je vais bien me divertir à ses dépens.
LA BAllONKE.
Ne vous y jouez pas, si vous m'en croyez.