SCÈNE Vil
(UISTAVE, ADÉLAÏDE.
GUSTAVE, à part.
J'ai vu tout ce que j a\ois craint.
Mon bonheur n'est pas tel que l'on me l'avoit peint. Au temple, où tout est prêt, ma mémoire est proscrite.
ADÉLAÏDE, sans tourner les yeux vers Gustave. Approche/.. Je conçois quel trouble vous ajjitc.
170 GIJSTAVK-WASA.
Moii aspect vous rappelle un prince qui n'est mort Que pour avoir trop |iris d'intérêt à mon sort. Sans moi vous n'auriez pas à regretter sa vie.
(lUSTAVE.
Son malheur jusque-là n'est digne que d'envie , Madame ; à vos sujets rien ne paroit plus doux Que l'honneur de combattre et de mourir pour vous. Gustave, je l'avoue, avoit plus à prétendre. Il croyoit...
ADÉLAÏDE, l'inlenonijmnl.
Vous avez un hillet à me rendre?
GUSTAVE, lui donnant le billet.
Oui, madame. Au milieu des horreurs du trépas. Il a de vos serments affranchi vos appas ; Et le dernier effort de son amour extrême Kst allé jusqu'au soin de vous rendre .\ vous-même.
A nÉLAÏDE.
Il eût dû s'épargner des efforts superflus...
{Elle ouvre le billet. ) C'est lui-même... Ecoutons un amant qui n'est plus. {Elle lit bas une partie du billet, et baut ce qui suit. ) « D'une félicité vainemenl attendue, " Si vous m'aimez encore, oubliez les douceurs. « Votre repos m'occupe au moment où je meurs. •' Régnez. Je vous remets la foi qui m'étoit due; '< Laissez-en désormais disposer les vainqueurs. »
{à part, après avoir lu. ) Que plutôt mille foi."; périsse Adélaïde!... Voilà donc mon arrêt, et sur quoi l'on décide? Injuste Frédéric! est-ce là ta vertu?